Pour qui
De la documentation qui reste citable
Une documentation rassemblée en captures d’écran et en favoris cesse d’être utilisable au moment précis où il faut l’attribuer. Un fichier Markdown avec frontmatter garde le titre, l’auteur, la date de publication et l’adresse d’origine dans le fichier lui-même. Il reste lisible et cherchable des années plus tard, sans dépendre d’un service.
Le jour où il faut attribuer
La documentation d’un texte se constitue vite et se vérifie lentement. Vous avez lu quarante pages, gardé une phrase de chacune, et au moment de la relecture il faut dire d’où vient chaque affirmation. Les favoris ne portent pas de date, les captures d’écran ne se cherchent pas, et le fichier de notes contient des phrases sans origine. Retrouver la source coûte alors plus longtemps que la lire la première fois.
Le second problème est la signature. Beaucoup d’outils remplissent le champ auteur avec la première chaîne plausible de la page : un nom de rubrique, le nom du site, le libellé d’un bouton de partage. Une attribution fausse est plus coûteuse qu’une attribution absente, parce qu’on ne la relit pas – elle a l’air remplie, donc on lui fait confiance.
Le troisième piège est celui de la phrase sortie de son paragraphe. Une citation gardée seule ne dit plus si son auteur la défendait, la rapportait ou la critiquait, et c’est exactement le genre d’erreur qu’un relecteur attentif relève après publication. Capturer la section entière plutôt que la phrase coûte quelques kilo-octets et règle la question pour de bon : le fichier étant du texte, la recherche de votre système retrouve la phrase dans son contexte aussi vite que dans une note d’une ligne.
Ce que porte chaque note
- Titre, auteur, date de publication et adresse source dans le frontmatter de chaque fichier
- L’auteur est cherché dans les données structurées et les signatures, et les faux positifs sont écartés
- Le corps de l’article sans la navigation ni les blocs promotionnels, prêt à citer
- Le champ
extractiondit d’où vient le texte :dompour ce que le navigateur affichait,jsonld-articlebodyquand la page ne l’avait pas fini d’afficher - Capture de la sélection pour ne garder qu’un paragraphe et son contexte
- Le modèle de nom mêle
{date},{title}et{domain}: un dossier de documentation se trie de lui-même - La vue Lecture permet de vérifier la capture avant de la classer
- Les fichiers arrivent dans votre dossier, dans un format qu’aucun éditeur ne contrôle
--- title: "L’écriture inclusive en débat" source: "https://www.radiofrance.fr/franceculture/l-ecriture-inclusive-en-debat" author: "France Culture" published: "2023-11-08" extraction: "dom" --- Le débat porte moins sur la langue elle-même que sur ce qu’une norme rend visible ou laisse dans l’ombre.
Tenir la documentation d’un texte
Le but n’est pas de tout garder, mais de pouvoir répondre à une seule question des mois plus tard : d’où vient cette phrase. Six réglages y suffisent.
- Dans les paramètres, section « Où enregistrer », désignez avec « Choisir… » le dossier du projet en cours. Utilisez un dossier par livre ou par enquête plutôt qu’un dossier général : la recherche en texte intégral est bien plus utile quand le corpus est celui d’un seul texte.
- Réglez « Nom du fichier » sur
{date} - {title}. La date est celle que la page annonce, donc le dossier se lit dans l’ordre chronologique des sources, qui est l’ordre dont on a besoin en relecture – pas celui où vous les avez trouvées. - Dans les propriétés, gardez
authoretpublisheden plus des trois autres champs. Ce sont exactement les deux lignes qu’il faut pour attribuer, et les deux qui manquent toujours quand la note a été prise à la va-vite. - Laissez « Si du texte est sélectionné, n’enregistrer que la sélection » coché, mais prenez l’habitude de sélectionner la section entière, titre compris, plutôt que la seule phrase. Une citation isolée perd ce qui la qualifiait ; une section garde son contexte pour le prix de quelques lignes.
- Activez le bouton « Dossier » dans « Boutons de la fenêtre ». Sans lui, la fenêtre ne propose que la copie et le téléchargement, et vous vous retrouvez à déplacer des fichiers à la main depuis le dossier de téléchargement.
- Avant d’enregistrer, ouvrez les propriétés dans la fenêtre et regardez
author. S’il est vide, la page n’a pas signé : notez-le tout de suite dans le corps du fichier, parce qu’un champ absent redécouvert en relecture coûte une demi-journée de recherche.
Réglages conseillés pour la documentation
Ces valeurs visent la traçabilité plutôt que la légèreté. Deux d’entre elles sont volontairement plus généreuses que le réglage d’origine, parce qu’une source amputée ne se répare pas.
| Réglage | Valeur | Pourquoi celle-là ici |
|---|---|---|
| Clic sur l’icône | Ouvrir la fenêtre | la fenêtre affiche `author` et `published` avant l’enregistrement : c’est le contrôle qui évite une attribution vide découverte trop tard |
| Nom du fichier | `{date} - {title}` | un dossier de documentation trié par date de publication se relit dans l’ordre où les sources se répondent |
| Propriétés gardées | les cinq champs | `author` et `published` sont les deux lignes qui servent à attribuer ; `extraction` dit si le texte vient de l’écran ou des données de la page |
| Sous-dossier | un dossier par chapitre ou par enquête | la recherche en texte intégral vaut ce que vaut le périmètre : sur un corpus général, elle ramène tout et n’aide plus |
| Sélection | activé, mais sélectionnez la section entière | une phrase seule ne dit plus si l’auteur la défendait ou la rapportait |
| Images | garder en liens | un graphique cité dans un texte doit rester repérable ; le lien indique au moins qu’il existait à cet endroit |
| Boutons de la fenêtre | Copier + Dossier | la copie sert aux citations dans le manuscrit, le dossier au classement – les autres boutons ne servent pas ici |
--- title: "Les métiers de l’édition face à la production automatique" source: "https://actualitte.com/article/118204/edition" published: "2025-02-04" extraction: "dom" --- Le rapport remis au ministère distingue trois usages, dont un seul relève de la création. Les deux autres portent sur la relecture et l’indexation. > Aucun des éditeurs interrogés ne déclare publier un texte sans relecture > humaine.
Trois usages réels
La documentation d’un chapitre
Vous travaillez sur un chapitre et vous lisez une vingtaine de pages en trois jours. Chacune est capturée dans le dossier du chapitre, avec sa date, son auteur quand il existe et son adresse. À la fin, le dossier contient vos sources en texte intégral, et la recherche de votre système traverse les vingt fichiers d’un coup.
La différence avec un fichier de notes se voit à la relecture : vous ne cherchez pas ce que vous aviez retenu, vous relisez ce que la source disait. Le texte n’est pas retouché – le HTML devient du Markdown, la navigation et les blocs promotionnels sont retirés, mais aucun mot du corps de l’article n’est ajouté, supprimé ni déplacé.
Vérifier une citation trois mois plus tard
Le relecteur conteste une phrase attribuée à un intervenant. Vous ouvrez le fichier : la citation est là, dans son paragraphe, avec l’adresse et la date de publication en tête. Si la page a été modifiée depuis, la différence saute aux yeux, et vous savez au moins ce que vous aviez lu le jour où vous l’avez lu.
Ce que la capture ne fait pas, il faut le dire : elle ne prouve rien contre un tiers. C’est un fichier daté sur votre disque, pas un constat opposable ; il ne surveille pas la page et ne vous prévient pas quand elle change. Sa valeur est celle d’une copie de travail sérieuse, et c’est déjà beaucoup.
Une source derrière un abonnement
Un article de la presse spécialisée à laquelle vous êtes abonné se capture normalement, puisque l’extension lit la page que votre navigateur a affichée après votre connexion. Le texte arrive complet, avec sa signature quand la page la publie, et rien ne sort de votre machine : il n’y a aucune requête réseau et aucune permission d’hôte.
Le fichier obtenu reste un usage privé de documentation. Ce que vous en publiez relève du droit de citation et des conditions du site, exactement comme si vous aviez recopié le passage à la main – la capture change la commodité, pas les règles.
Comparé aux façons de faire actuelles
Toutes ces méthodes servent à quelque chose. Le tableau montre à quoi, et ce qu’elles laissent tomber au moment précis où il faut attribuer.
| Méthode | Ce que vous obtenez | Ce que ça coûte |
|---|---|---|
| Marque-pages classés par dossier | un accès rapide tant que la page vit | ni date, ni auteur, ni texte : quand la page bouge, il ne reste qu’un titre et une adresse morte |
| Captures d’écran | la preuve de ce qui était affiché | aucune recherche possible, aucun copier-coller vers le manuscrit, et il faut les rouvrir une à une |
| Coller les extraits dans un fichier de notes | tout au même endroit, immédiatement | l’origine se perd dès la deuxième source ; six semaines plus tard, la moitié des phrases n’a plus d’adresse |
| Un service de lecture différée | une bibliothèque propre et synchronisée | le texte vit chez un tiers, dans son format, derrière un compte qui peut fermer ou changer de règles |
| Imprimer la page en PDF | l’apparence complète, archivable | lourd à parcourir, impossible à citer sans recopier, et la recherche porte sur une mise en page plutôt que sur un texte |
| Clean Clipper | le texte, l’auteur, la date et l’adresse dans un fichier à vous | ne complète pas un auteur absent, ne vérifie rien, ne surveille pas la page et ne produit aucun style de citation |
Quand l’attribution cloche
Pourquoi le champ author est-il vide ?
Parce que la page ne publie aucune signature exploitable. L’extension cherche l’auteur dans les données structurées et dans les balises prévues pour cela, puis dans les blocs de signature de la page ; à défaut, elle n’écrit pas le champ. Beaucoup de sites institutionnels et de rédactions collectives ne signent tout simplement pas.
Le champ vide est un choix assumé : mieux vaut une attribution absente, qu’on voit, qu’une attribution inventée, qu’on ne relit pas. Quand la signature figure en bas de l’article sous une forme que la page ne balise pas, elle reste dans le corps du texte capturé, où la recherche la retrouve.
Pourquoi l’auteur affiché est-il le nom du site ?
Parce que c’est ce que la page déclare. Certains sites remplissent leur balise d’auteur avec le nom de la publication ou celui d’une rubrique, et l’extension ne peut pas distinguer cela d’un vrai patronyme sans se mettre à deviner. Les faux positifs les plus courants – titres de rubrique, libellés de boutons, blocs de références bibliographiques – sont écartés, mais un nom de média reste un nom plausible.
Corrigez la ligne dans le fichier au moment du classement : c’est du texte, et c’est le seul endroit où la correction ne se reperd pas.
Pourquoi ma citation a-t-elle perdu son contexte ?
Parce que la capture est partie d’une sélection réduite à la phrase. Sur une sélection, l’extension enregistre exactement ce que vous avez surligné, sans rien couper mais sans rien ajouter non plus : ni le paragraphe précédent, ni le titre de la section, ni la mise en garde de l’auteur trois lignes plus haut.
Prenez la section entière et laissez la recherche faire le reste ; sur du texte, retrouver une phrase dans un fichier de dix mille signes ne coûte rien. Le sélecteur en haut de la fenêtre rappelle toujours si vous regardez « Page entière » ou « Sélection ».
Pourquoi le texte comporte-t-il des barres obliques inverses ?
Parce que certains caractères ont un sens en Markdown et doivent être protégés pour rester lisibles tels quels. Une astérisque, un tiret bas ou un crochet au milieu d’une phrase sont précédés d’une barre oblique inverse, qui disparaît à l’affichage : dans Obsidian, dans un moteur de rendu ou à l’impression, vous voyez le caractère d’origine.
Si vous collez le texte brut dans un traitement de texte qui ne lit pas le Markdown, ces barres restent visibles. Passez alors par la vue Lecture de la fenêtre, qui affiche le texte sans les symboles, et copiez depuis là.
Ce qu’il ne fait pas
Il ne complète pas un champ auteur que la page ne donne pas : mieux vaut un champ vide qu’un nom inventé, et c’est le choix qui a été fait. Il ne conserve pas la mise en page ni les captures d’écran, seulement le texte et sa structure. Il ne gère pas la bibliographie et ne produit aucun style de citation. Et il ne vérifie rien pour vous : une source douteuse capturée proprement reste une source douteuse.